Dimanche 05 janvier 2025
Pré-scriptum,
Il est rare que j’aie à utiliser cette forme de préambule, mais au terme de la dernière retouche syntaxique, il m’est apparu que cette première lettre a quelque peu débordé de son cadre habituel, et il convient donc de se préparer cérébralement sans délai, sauf à se retrouver piégé dans un labyrinthe dont l’issue est toujours l’abandon en ce que l’on ne doit jamais pénétrer dans un dédale philosophique sans avoir la certitude de pouvoir en créer sa propre sortie par une pleine et entière compréhension dont le titre était une mise en garde, sinon un avertissement.
Le mois de janvier est populairement celui des résolutions. Théoriquement de bonnes résolutions.
Cigarette, régime, job, mariage, divorce, déménagement, coupe de cheveux, sport, …
Le mois de février est celui de l’abandon de ces mêmes résolutions en ce qu’il n’est pas supportable de changer ses habitudes et que l’alcool des fêtes de fin d’année était en grande partie responsable de ces décisions grotesquement farfelues.
Mes résolutions, plutôt ma résolution, car je n’en ai qu’une cette année. (Je suis non-fumeur, sans besoin de régime alimentaire, déjà en recherche de job depuis quelques mois, sans projet de mariage, ni de déménagement, encore moins de coupe de cheveux et actif physiquement sans besoin de pratiquer un sport supplémentaire.)
Je recommence…
Ma résolution pour 2025 : rencontrer une nouvelle Minerve. Trébucher maladroitement devant toi et croiser un regard troublant, faire preuve d’une respectueuse curiosité, accorder au Butterfly Chaos, une maladresse sans conséquence ici ou là, sinon un ouragan ailleurs à l’autre bout du monde au milieu de l’océan.
Te rencontrer en te croisant du regard et en être pétrifié comme je le serai devant Méduse, échanger avec toi quelques paroles, oublier des mots dans ma tête et dans mes phrases, me transformer en puzzle de mille pièces dans mes chaussettes, annihiler le reste du monde durant le temps de notre rencontre, capturer photographiquement de mon regard chacun de tes battements de cils, saisir chacune de tes intonations, chacun de tes rires pour m’en souvenir à jamais. Observer tes cheveux au vent, le mouvement de tes doigts, et chaque détail que l’observateur attentif que je suis, aime à ne jamais manquer…
En résumé, rien d’insurmontable, pas de difficulté insaisissable. De la banalité dirons-nous ?
Pas jusque-là, seulement un défi utopique qui se résume à lui seul comme étant l’antinomie de la possibilité d’une réalisation humaine, mais remettant en cause la pensée Nietzschéenne sur le sujet s’il convenait d’accepter qu’elle se sera réalisée au premier jour de son commencement, sauf à remettre en question l’irréalisation de cette utopie qui n’en était pas réellement imaginée en ce qu’elle ne pouvait exister et donc que l’incarnation de Minerve ne serait qu’une simple quête humaine, bien qu’au demeurant impossible pour le genre humain n’ayant aucune foi en l’idée d’un idéal, auquel une personne est prête à vouer plusieurs dizaines d’années d’existence humaine sans garantie de réussite, sinon de réalisation et que son inachèvement n’est que provisoire et en cours d’accomplissement.
Me considère-je donc comme partie antinomique de cette catégorie du genre humain ?
Absolument, car une quête utopique ne souffre d’aucune espèce de renoncement, même éphémère et il n’est d’autres que les mystiques et les religieux, qui dans une quête d’une croyance qui leur est propre sont pleinement conscients qu’un doute, aussi infime soit-il, n’est que le commencement d’un effondrement lent, irrémédiable et absolu.
Un croyant ne doute jamais, sauf à être un pharisien.
L’existence même de Dieu, du Diable, l’idée du bien et du mal sont indissociables de leur foi, ce sont des réalités intangibles, mais incarnées dans le genre humain ignorant de tout savoir philosophique, car tout ceci n’est, au terme d’étude sérieuse, que simple affaire humaine et dépendant de la position de l’observateur.
La quête d’une Minerve, de Minerve également, non dénuée de dogme, mais sans religiosité et sans aveuglement.
Dans la mesure où cette quête verrait sa réalisation, l’utopie serait-elle atteinte ?
Une réponse simple et complexe en même temps, bien que courtitudinalement scripturalisée en raison qu’elle est destinée à une lettre publique, bien que plus précisément à une inconnue, à une Minerve et que l’essentiel est ailleurs.
Trois réponse s’imposent naturellement.
1. Une utopie qui se réalise complètement disparaît du simple constat qu’elle n’est plus et ainsi sa réalisation amène fatalement à l’anéantissement de cette croyance précédente qui ne peut avoir réellement existé et de son souhait de la voir véritablement se réaliser en une quête figée.
Oui l’utopie est atteinte, mais parce qu’elle était informulée de manière parfaite. La conception même de l’idée de l’utopie reposait sur une sémantique erronée qui n’avait d’utopie que la définition alors qu’il s’agissait d’un objectif réalisable sans difficulté.
Il s’agit donc là d’une simple utopie de bazar, conçue par des individus sans croyance et sans foi pour la populace. Un petit rêve doucereux, proposé par des aigrefins comme on en trouve tant dans l’univers médiatique et politique du XXIe siècle.
2. Une utopie réalisée devient également une réalité froide et objective. Elle est factuelle, présente, analysable et toujours décevante. C’était en somme un mauvais rêve, sinon une fausse croyance. Était-ce donc véritablement une utopie ?
Indéniablement non.
Dans les deux cas, il s’agit d’une escroquerie intellectuelle promue pour plaire au plus grand nombre au sein de laquelle chacun entendra ce qui lui plaira et si tel n’est pas le cas, le discours sera suffisamment empreint d’ambiguïté afin que l’individu lambda puisse finalement se persuader qu’il est lui-même l’obstacle à sa réalisation et qu’il doit changer de point de vue afin de contribuer à sa réalisation, sinon s’écarter afin de ne pas être une gêne.
C’est le principe même du totalitarisme démocratique des sociétés occidentales soumises au pouvoir oligarchique de quelques personnes qui persuadent des millions de citoyens qu’ils ont tort de vouloir prendre leur destin individuel en main et que leur Salut ne réside que dans la soumission à des lois iniques tout en les convaincant de voter en troupeau de Panurge pour maintenir au pouvoir ces mêmes roublards.
3. La troisième voie.
L’utopie étant par nature inatteignable pour conserver son origine en ce qu’elle désigne un lieu qui n’existe pas, mais dont la signification s’étend au sens plus large d’une quête. Ainsi, lorsque cette dernière est achevée au sens de la recherche d’une Minerve qui, elle-même, est un idéal et un symbole mythologique, c’est donc une double utopie qui doit être atteinte dès son origine et qui, lorsque sa double réalisation s’accorde avec la réalité, se transforme naturellement en une nouvelle utopie, la troisième voie, afin de concevoir un développement mutuel dans une progression philosophique de l’apprentissage du genre humain dans son entière complexité, car sans nouvelle connaissances à acquérir, la première utopie n’a pas atteint son but en ce qu’une Minerve ne peut être figée dans ce qu’elle représente et ne pourrait à son tour être celle-ci invalidant même cette rencontre, et les trois voies. L’utopie réalisée, la non-utopie et la troisième voie.
En résumé, la troisième voie, dont je ne suis pas simplement partisan, sinon croyant, mais un homme de foi, est une quête d’accomplissement intellectuel en ce que le savoir philosophique est supérieur à tous les autres parce qu’il interroge chacun de nous en chaque instant.
Au lectorat pour lequel ce raisonnement paraîtra, de prime abord, complexe, ce sera par simple méconnaissance de culture philosophique, d’un flux cérébral inaccoutumé à l’intrication des idées, d’une insuffisance conceptuelle d’articulation des raisonnements, d’un manque de goût pour l’effort intellectuel et plus généralement d’un désintérêt pour la lecture intensive, et en ce que ces quelques ingrédients sont tout aussi indispensables que l’observation du genre humain, de ses us et coutumes et de ses mœurs sans omettre de s’inclure dans ces observations.
Au lectorat, qui s’interrogera sur le développement de cette lettre à une inconnue et à celle-ci sur cette absolue certitude que cette troisième voie existe, il convient de se souvenir que dans les lettres précédentes, il a été souligné que des incarnations de Minerve ont jalonné mon existence et que j’ai donc déjà progressé sur cet océan de la vie qu’est cette troisième voie.
Réponse à une question qui ne manquera pas de me parvenir, et à laquelle je réponds par anticipation.
Ces lettres dominicales sont-elles rédigées chaque dimanche ?
Ces lettres à une inconnue, donc à toi (Minerve) sont l’aboutissement de quelques heures de réflexion, d’écriture, de correction et d’assemblage paragraphique. La rédaction débute au cours des jours précédents le Dominical Day (D Day) et lorsque l’ensemble est prêt pour la publication numérique, je dépose celle-ci sur Atypikal Life et programme sa diffusion pour le lendemain.
À l’origine, la scripturalisation se faisait le jour-même, mais la complexité des sujets étant de plus en plus prégnante, il m’est apparu nécessaire de commencer de plus en plus tôt.
Nous voilà arrivé au temps de partage d’un passage des livres que j’ai lus cette semaine.
Métamorphose de Frantz KAFKA
Je n’ai rien retenu de particulièrement intéressant à partager.
Du second ouvrage un passage qui sera susceptible de te plaire en ce qu’il est marquant par son ultime opposition à cette lettre dans son essence.
Un sourire de la fortune
Joseph CONRAD
Édition Circé
Imprimé en septembre 2010
Page 52, deux dernières phrases précédent le paragraphe suivant au milieu de la page.
Les filles sont presque toujours jolies, ignorantes du monde, aimables, affables, et généralement bilingues ; elles jacassent innocemment tant en Français qu’en Anglais. La vacuité de leur existence est incommensurable.
Comme à l’accoutumée, je n’ai conservé aucun de ces deux ouvrages.
J’en ai commencé un nouveau dont je retardais le début de la mise en lecture, préférant me concentrer sur des romans après avoir terminé Nietzsche par Heidegger, Volume I et II, vers la fin du mois octobre 2024.
Je me suis attaqué à l’ouvrage suivant : Ethique à Nicomaque d’Aristote.
Post-scriptum,
Ayant annoncé ma résolution pour cette année 2025, il est temps d’effectuer un vœu parce que le fisc Français est sur mon dos, qu’il me gratte la peau et que cela freine mes investissements en antiquités.
Je veux du flouz, du pèze, de la caillasse, du fric, de l’oseille, du blé, des thunes, du pognon, de la tune, de la monnaie, de la fraîche, des biftons, du cash, des pépettes, du grisbi, des radis, des ronds, des patates, des sous, des billets, du liquide, de l’artiche, des lovés, de l’avoine, de la galette, de la maille, du beurre, des pesos, du bouzouf, des balles, des dollars, des talbins et des euros.
A défaut, je me contenterais d’un café Red Bourbon Salvador Bio. (celui que je bois tous les matins)
Dans l’hypothèse où tu serais également une lectrice assidue et une Minerve, il sera toujours envisageable de se rencontrer par hasard à une table de lecture.
Table de lecture : Leonidas Chocolates Cafés, 693 rue Nationale, Villefranche-sur-Saône
Vendredi 10 janvier 2025 : 16H30



Laisser un commentaire