— Sais-tu qui je suis ?
— Je crois.
— Donc, tu ne sais pas.
— Je ne sais qu’à moitié. Donc je sais un peu.
— Je crois que tu l’ignore.
— Donc tu ne sais pas.
— Si je crois, je l’ignore qu’à moitié. Donc je ne l’ignore pas.
— C’est pareil pour moi.
— Pour toi, c’est différent. Tu crois savoir, mais tu ne sais pas.
— Donc c’est pareil pour toi.
— Pour moi, c’est différent. Je crois ignorer, mais je sais.
— Je crois que tu te joues de moi.
— Il faut être deux pour jouer et je ne joue pas.
— Je crois que tu joues, mais que tu l’ignore toi-même.
— Tu crois que j’ignore mes intentions ? Donc tu ne sais toujours pas.
— Je sais ce que je crois, mais j’ignore ce que tu crois savoir.
— Je sais ce que je dois croire et ce que tu crois savoir.
— Tu es en train de te dévoiler.
— Tu dois donc savoir qui je suis.
— Je crois que je le sais.
— Croire n’est pas savoir.
— Si le savoir exclut la croyance, il ne reste que la certitude de l’ignorance.
— J’ai la certitude que tu ne sais pas qui je suis.
— Je crois que tu ne le sais pas toi-même.
— Tu ne fais que croire, sans jamais savoir.
— Tu ne te joues pas de moi, tu joues avec les mots.
— Croyance ou certitude ?
— Je n’ignore pas qui tu es et je te dévoilerai au terme de notre dialogue.
— Si tu prolonges la dialogique, tu entres dans la partie et tu deviens un joueur.
— Un bretteur.
— Un jouteur.
— Un orateur.
— Un dialecticien.
— Un rhétoricien.
— Tu es un fameux duelliste, mais tu ne me dévoileras pas, car tu me cherches sans savoir où je suis.
— Si je te dévoile trop tôt, tu ne sauras pas qui tu es.
— Et si tu me dévoiles trop tard ?
— La fin n’est jamais tardive.
— Je sais que tu peux m’atteindre immédiatement.
— En effet, car je sais qui tu es et je l’ignore en même temps.
— Pourquoi t’approcher si près de moi, si tu ignores qui je suis ?
— Car je te cherche dans l’obscurité de la lumière.
— Aveugle par ignorance, voyant par certitude.
— Croyant tel un homme de foi.
— Afin de résoudre une énigme, il convient de trouver ?
— …
— Sais-tu qui je suis ?
— Je le sais.
— Sais-tu comment on me nomme ?
— Je l’ignore.
— Quelle en est la raison ?
— Nous ne nous sommes jamais rencontrés.
— Je suis ?
— L’inconnue.
— Et maintenant, que se passe-t-il ?
— …



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