Dimanche 30 août 2026
Dominical Day 35
Le mois de septembre possède cette particularité de refermer une parenthèse estivale qui s’est amorcée dès le printemps. L’insouciance des beaux jours, l’offrande de la peau au dieu solaire, les longues siestes, les voyages, le farniente, les voyages… Un mode de vie provisoire que l’on a aimé faire perdurer durant de longues semaines va bientôt s’éteindre pour la plupart d’entre nous. L’été se rapproche de sa fin de vie et la chaleur avec lui va progressivement faire place à un climat plus doux. Pour ma part, cette double saison, je l’ai passée durant plusieurs mois en compagnie de la réorganisation complète du manoir Atypikal Life, des projets menés tambour battant et d’un développement accru des projets qui étaient en sommeil depuis trop longtemps. Tout cela m’a tenu enfermé à la maison aussi souvent que nécessaire. C’était, je le pense sincèrement, un mal nécessaire afin de partir te chercher en laissant un univers numériquement littéraire et inversement en ordre.
Ce mois de septembre va être mis à profit pour repartir en quête de nouveaux objets d’art et d’antiquités, mais également pour préparer nos futurs rendez-vous. On s’imagine toujours que l’on peut se rencontrer n’importe où. C’est vrai, mais les personnes que l’on rencontre n’importe où sont également des personnes qui traverseront notre vie de manière éphémère. C’est précisément n’importe où que l’on croise n’importe qui en raison que l’on est rarement attentif pour rencontrer une personne différente de la norme du plus grand nombre.
Cette année, « Le Grand Café des Négociants » sera l’unique lieu au sein duquel je viendrai régulièrement pour patienter jusqu’à ce que tu en franchisses l’entrée. Je ne serai pas présent pour travailler sur Atypikal Life en t’attendant comme l’année précédente lorsque je me rendais au Starbucks Coffee, rue Victor Hugo, mais avec un livre et un signe de reconnaissance. Ce lieu est emblématique de la cité lyonnaise. Situé à quelques pas du Palais de la Bourse, il invite par son décorum empesé et son raffinement à une forme de sérénité. Ce lieu sera ainsi une prolongation naturelle de mon lieu de vie en une version encore plus luxueuse et siéra parfaitement à un premier rendez-vous.
Le signe de reconnaissance qui me différenciera est toujours en cours d’élaboration, car il ne s’agit pas de concevoir n’importe quel objet précipitamment chez n’importe quel fournisseur. Une carte de visite, un marque-page sont sans conséquence et la fabrication ne nécessite pas de technicité particulière. Ceux sur lesquels je suis encore en train de travailler feront partie de ces collectors en nombre limité, tant par leur quantité que par le type d’objets. Il s’agit ainsi d’être aussi exigeant pour le graphisme et l’objet en lui-même que pour le fabricant. Concernant le coût, peu importe, car c’est là une donnée secondaire.
Les collectors sur lesquels je me penche presque quotidiennement avec intérêt et avec un choix parcimonieux seront une extension d’Atypikal Life ; une extension matérielle destinée à pouvoir être utilisée quotidiennement pour ne pas rester un simple objet de collection ou de décoration qui n’aurait d’intérêt que pour être utilisé chez soi. Je suis encore à ce jour en pleine sélection de fournisseurs concernant une ligne réduite à cinq ou six objets pour en tester la qualité. Des objets dont je pourrais me servir quotidiennement et qui me permettront d’être ainsi toujours différencié quel que soit le lieu où je me trouverai.
Le Rendez-vous de Minerve sera très probablement pour nous la seule façon de nous rencontrer réellement, car il faut être réaliste, Tinder et consorts ne sont que des ersatz de possibilités. Un crush ici et là de temps en temps, une rencontre éphémère et puis chacun passe à autre chose. C’est tout juste un passe-temps, une manière de s’occuper comme une autre. Des rendez-vous qui n’augurent jamais que des mauvaises surprises avec des inconnues qui ne ressemblent jamais à leur selfie en raison que la réalité est cruellement présente sur la peau et la silhouette. La réalité d’une rencontre n’offre jamais de possibilité de filtres pour embellir et lisser sa peau ni d’angles improbables pour dissimuler une addiction alimentaire à la malbouffe. Prendre soin de son corps est une forme d’ascèse et je me l’applique quotidiennement ; non par refus des conséquences de l’âge, mais par respect pour moi-même et pour ne pas vomir mes tripes chaque matin dans le miroir.
La dernière personne qui aurait pu incarner Minerve s’est contentée de son enveloppe. Ce qui est suffisant pour le genre humain dans son immense majorité ne s’est révélé pour moi qu’une coquille vide dont l’illusion s’est naturellement fissurée en raison que je ne m’accorde jamais de repos pour en examiner le contenu. L’illusion, lorsqu’elle est présente, finit tôt ou tard par apparaître telle qu’elle est réellement et il est alors temps de faire demi-tour, de reprendre la route. Plusieurs mois se sont écoulés durant lesquels j’ai pris ce temps nécessaire pour mener à bien cet examen minutieux. On n’incarne finalement jamais autre chose que ce que l’on est intrinsèquement. Une incarnation de Minerve ne peut l’être durablement si elle ne l’est pas originellement.
J’avais la possibilité de changer le cours de ma vie et de quitter le pays, mais j’ai opté pour l’abandon de cet égarement qui ne parvenait plus à se mouvoir dans le rôle qu’elle avait souhaité incarner. Une quête aussi exigeante ne peut se satisfaire d’ersatz même s’il avait été plus facile de poursuivre le mouvement et de suivre cette illusion ; j’aurais trahi mon intrinsèque nature et je n’aurais plus eu d’autre alternative que de mettre un terme à l’univers Atypikal Life. Devenir infidèle à soi-même revient à nier son existence et sa valeur et je n’ai eu ainsi aucun remords ni regret en abandonnant cette illusion minervique. Il ne m’en reste d’ailleurs que peu de souvenirs et j’en suis bien aise.
Atypikal Life est en développement depuis le mois d’août 2024 sous sa forme actuelle et si de multiples évolutions ont vu le jour et que sa forme définitive est très proche, il ne saurait être question de m’impliquer moins, de faire preuve d’une exigence plus faible envers moi-même. Je m’applique à une forme de constance dans l’exigence, autant dans ma vie que dans le choix de mes rencontres et avec cet univers. Qu’importe que tout cela ne mène loin ou ne m’apporte ce que je recherche, car la constance est une ascèse, une philosophie de vie sans laquelle le simple déroulement de ma vie n’aurait pas de sens. Un atavisme n’est jamais sans origine : il est le fruit d’une constance venue de loin, et c’est cet héritage que je transmettrai à mon tour.
Post-scriptum,
Je me suis accordé, ce vendredi matin, une pause au Palais Saint-Pierre de Lyon pour flâner au milieu des antiquités et des œuvres d’art. C’était tout à la fois reposant et inspirant. Le calme et la sérénité de ce lieu en dehors de l’agitation touristique de la pleine saison estivale sont une pause temporelle que je devrais d’ailleurs m’accorder plus fréquemment, en particulier dans le salon de thé situé au premier étage.
Conclusion
Ma vie n’est pas en suspension en attendant Minerve, car elle ne dépend jamais de son arrivée…





