Recherche d’une Minerve ou de l’Inconnue
Préambule
Cet avis de recherche d’une Minerve ou de l’Inconnue n’a rien d’une annonce raisonnable pour cœurs bien peignés avec la raie sur le côté gauche. Il est baroque, naval, cérébral, excessif, burlesque, misanthropiquement tendre, sincèrement maladroit, et tangue parfois au milieu d’une tempête littéraire dont la fonction secrète consiste à filtrer le monde entier pour dresser, entre moi et la banalité, un barrage contre la conformité, le faux-semblant, la mollesse intellectuelle et la séduction standardisée de la norme du plus grand nombre.
Il porte en lui ses redondances, ses saturations, ses imprudences, ses contradictions, ses longues fulgurances emmêlées dans des cordages phrastiques, son indocilité, sa tension en quatre cent mille volts et vise avec une cruelle précision la normalité, tout en conservant l’infime espoir que tu n’entreras jamais docilement dans mes diktats minerviques, sauf à n’être qu’une fonctionnaire grisâtre de l’Olympe, affectée au service des évidences mortes.
Postambule
Le mont Olympe possède, paraît-il, une armée de dieux et de déesses affectés à des bureaux, soumis à des horaires sisyphéens et condamnés à tamponner des formulaires CERFA célestes pour délivrer, après trois cents copies conformes, deux siècles d’attente et l’avis favorable d’un demi-dieu stagiaire, une autorisation provisoire d’épopée à quiconque aurait l’imprudence magnifique de partir en quête d’une Minerve dissimulée sous l’apparence d’une Inconnue.
Je ne suis pas quiconque : je suis une alternative, non interchangeable, une présence observante, parfois impraticable, mais jamais standardisée. Et c’est précisément pour cette raison que je suis en quête d’une Minerve.
Cette recherche complète ma présentation et fonctionne comme l’aboutissement d’une épreuve initiatique : celle qui parviendra au bout n’aura pas seulement surmonté deux épreuves littéraires, elle aura traversé un labyrinthe, car il ne s’agit jamais de plaire au plus grand nombre, mais d’être reconnu par une exception et la suite de ce qui se déroulera, désormais, t’appartient…
Il est temps maintenant pour moi de tenter de t’imaginer bien que tu sois probablement complètement différente de celle que j’imagine dans ma tête d’autiste. Mais pas trop quand même, sinon « ça va pas être possible. » Cela étant, il y a toujours l’exception qui confirme la règle donc si tu l’es précisément, une grande partie de cette seconde épreuve ne s’appliquera pas à toi. Et alors, j’aurais niaisé inutilement en scriptant de longues heures durant… Et dans l’improbable hypothèse où tu ne voyages pas déjà sur l’océan de la vie, mais que tu envisages de construire ton propre navire et de préparer scripturalement ton voyage, je prendrai le temps d’en suivre l’histoire, à condition toutefois que cela ne se limite pas à quelques ronds dans l’eau au milieu d’une mare aux canards au fin fond d’un bocage normand, sinon dans une flaque bretonne.
Toutefois, si la scripture n’a pas ta faveur, il n’est de doute que tu trouveras un pendant pour élaborer un artefact permettant de solliciter chez autrui un goût pour une sincère et magnifique aventure humaine et qui sait… Et dans l’éventualité très improbable où tu serais dans l’impossibilité de créer quelque navire que ce soit, pas même un radeau ou un truc flottant et que ton imaginaire resterait hermétique à toute créativité, il reste l’option real-TV-canapé et les arnaques bouquinales et YouTubesques de développement personnel à quatre sous. C’est différent, mais cela reste une valeur sûre pour la norme du plus grand nombre.
Pré-scriptum inutile mais nécessairement indispensable
Lorsque je suis parfois tenté de t’écrire directement pour te proposer de m’aider à convaincre le docteur Manhattan de nous faire parvenir une wood box surmontée du célèbre Reb Bumper afin de déclencher un NWP que nous pourrions agréablement agrémenter de la chanson de Bob Dylan (The Times They Are a-Changin’) en observant le monde s’affoler et hurler à souhait tandis qu’une dernière pluie s’abattrait dans tous les recoins de la planète qui est perçue comme une sphère depuis l’espace alors que la réalité est qu’elle ressemble davantage à une pomme de terre cabossée sans son atmosphère composée de la pollution émise par les pets de vaches, celle des activités humainement écologistes des routards décroissants ultra-gauchistes qui roulent en camion aménagé ultra-poluant en raison qu’ils n’ont pas les moyens d’en acheter un plus écolo au vu du prix pratiqué par l’industrie automobile qu’il convient de houspiller tout autant que les pétroliers qui obligent ces ultra-écolos à acheter un carburant nocif pour l’environnement, mais nécessairement indispensable pour aller manifester et teufer partout partout en parcourant un maximum de distance entre chaque déplacement, les trottinettistes électrifiés qui se foutent pas mal de savoir si la batterie de leur machine sera recyclée écologiquement et quels matériaux entrent dans la composition de celle-ci et la façon dont ils sont extraits. Idem pour les automobilistes chauffards électrifiés, les utilisateurs de plastique recyclé ou non, les adeptes de panneaux solaires chinois, les empêcheurs de tourner en rond qui préfèrent la quadrature du cercle et tous les vilipendeurs du quotidien qui en oublient que leur mode de vie n’est pas plus vertueux que celui du voisin qu’ils critiquent à longueur d’année sans jours fériés en raison qu’ils en oublient de vivre leur vie parce qu’elle n’a aucun intérêt pour quiconque et pas davantage pour eux-mêmes.
Oups, je me suis laissé emporter ! Je reprends…
Lorsque je suis parfois tenté de t’écrire directement pour te proposer de me rejoindre pour marcher en silence en écoutant Close To You de « The Carpenters » en direction de quelque part pour aller n’importe où, je suis dans le souvenir que tu préférerais sans doute te relaxer au milieu de la galerie d’art privée située dans mon appartement avec la chanson d’Alina Renae (I’ll Always) ou d’Aelyn (By Your Side) ou une autre en attendant que je termine le pompage de toute l’eau chaude contenue dans mon cumulus parce que l’écologie ça va bien cinq minutes, mais c’est un peu court pour une douche relaxante…
Et parce que l’expérience m’a appris que les filles autistes aux cheveux longs ont une propension plus importante que les autres à la liberté, au non-conformisme et à la folie, je ferai aussi vite que possible pour ne pas te laisser seule trop longtemps et te rejoindre afin de la partager avec toi. Sans doute parce qu’elles ont compris très tôt que si les filles sages vont au paradis, les autres vont où elles veulent. Concernant les garçons, je ne vais pas m’aventurer sur ce terrain car tous ceux que je fréquente sont tous aussi foutracs que moi, parfois même davantage et qu’il y en a toujours un pour bordeliser mon cerveau et me réveiller lorsque je dors sous ma couette neuf mois par an.
Nous sommes vraisemblablement très nombreux sur l’échelle de la nombreuxilité à moins que je ne sois, comme l’indique mon bilan neuropsy, véritablement atteint d’un TDAH et que j’ai malencontreusement contaminé tous mes comparses cérébraux.
Fin du pré-scriptum.
Version courte
Je recherche une Minerve, idéalement autistique, libre du regard des autres, amatrice d’objets d’art, d’antiquités et de mobilier ancien.
Version longue
Dans l’idéal, c’est en ne (re)cherchant rien qu’on se (re)trouvera naturellement ici, là, plus loin ou ailleurs, mais je suis tellement souvent ailleurs et dans ma tête que je ne suis pas dans l’urgence de trouver, ainsi je ne (re)cherche rien ni personne, car tout arrivera en son temps lorsque nous serons tous les deux au bon endroit et au bon moment, mais dans l’hypothèse où je serai en recherche d’une personne, cette dernière se composerait de ces quelques caractéristiques et plus encore…
Avant d’aller plus loin…
Je vis depuis quelques années avec une raréfaction des personnes susceptibles d’attirer mon regard et mon attention en raison que le devenir de l’humanité progresse inéluctablement dans le mimétisme des uns envers les autres tandis que les derniers font de même avec les premiers, tous les autres et inversement afin de renforcer leur instinct grégaire et un particularisme visant à vouloir se ressembler continuellement dans la complainte des gens malheureux de naissance tandis que des miroirs rempliraient parfaitement cet office et que chacun pourrait ainsi très facilement rencontrer des personnes susceptibles de les comprendre sans avoir à ouvrir la bouche et qui n’assument jamais rien en ce qu’il est toujours plus facile de faire porter le poids des responsabilités sur autrui et dans la même ignobilité superficielle en attendant de vivre en direct live l’histoire du film « Clones » sorti en 2009 avec Bruce Willis et la certitude pour ma part que la Terre finira par céder sous le poids d’une humanité bête à sucer des cailloux en raison d’une expansion démographique incontrôlée à la différence de toutes les autres espèces vivantes qui se régulent en fonction de leur habitat et des ressources disponibles. Misanthrope, moi ?
Tandis que certains recherchent une muse, je recherche une Minerve : non pas une idée abstraite dénuée de réalité et encore moins une personne, mais une personnalité et une manière d’être au monde.
Minerve du latin Minerva qui est, dans la mythologie romaine, une déesse dont je te laisse le soin de chercher par toi-même qui elle est. (Rien à voir avec le collier cervical ou la commune d’Occitanie du même nom).
Il convient simplement d’être conscient qu’elle existe, de pouvoir la reconnaître à temps et, l’ayant déjà rencontrée à plusieurs reprises, je sais que je dois simplement faire preuve de patience pour la croiser de nouveau… Peut-être…
Nous ne le saurons que le jour de notre rencontre. Demain, un autre jour, l’année prochaine ou plus tard.
À cet instant, peut-être es-tu déjà en train de penser que je suis un doux-dingue, sinon que cette recherche est également déjà pleine de calembredaines et de fariboles et sans doute même penses-tu également que la qualité scripturale laisse à désirer par rapport à ma présentation qui était infiniment mieux construite. C’est que je m’aventure là, sur un terrain inconnu et mon imagination peine à prendre son essor. (Excuse bas de gamme pour justifier une inexcusable dermite scripturale).
Tu serais idéalement :
– Une Minerve, une autiste, différente de la norme du plus grand nombre, hors cadre, hors-norme, cérébralement percutante comme un chien de revolver, intello, cultivée, créative, sauvage, lettrée, simple, complexe, naturelle, paradoxale, …
– Cérébralement boulimique et corporellement mince en opposition à l’anorexie cérébrale et à l’obésité corporelle, peaulatoirement et cheveulesquement naturelle avec ou sans coiffure improbable et sans boobs en silicone, en opposition au maquillage et aux teintures capillaires et à tous les artifices inutiles en assumant ta vie et tes choix en opposition à la victimisation permanente, ta liberté en opposition à l’enfermement volontaire dans le regard des autres et ta différence en opposition à ceux qui recherchent des personnes qui leur ressemblent afin d’être dans la paresse intellectuelle.
– Une fille qui ne porterait des leggings que pour la période d’Halloween et sans que je sois dans l’obligation de te regarder ce jour-là car la mode intemporelle du legging de ville est une ignominie sans nom et un génocide oculaire.
– Dans l’idéal, une affranchie du regard des autres qui me titillerait le cerveau avec ton intelligence, ta différence, ta sensibilité ou tout à la fois et qui me déboîterait la mâchoire en me regardant derrière les yeux pour franchir la porte de mon univers au sein duquel tu laisserais ton empreinte un peu partout juste parce que c’est ta nature d’être ainsi et de traverser la vie en te rendant invisible au regard des cons tout en étant haut perchée avec de la hauteur de vue, d’esprit, des idées hautes et des idéaux.
– Une fille capable de me faire basculer de l’autre côté du miroir par un simple message et qui, avant le terme de la lecture de ma présentation, aurait découvert la façon d’accéder à mon navire en te présentant au maître de bord avec l’absolue certitude que ce dernier possède un billet à ton nom.
– Une navigatrice capable de trouver l’île de l’arbre de vie au centre de laquelle trône une immense tour de verre entremêlée dans la végétation et à laquelle n’ont accès que les personnes qui possèdent un élément primaire afin de traverser le disque de galets blancs qui encercle l’édifice au sein duquel je suis en train de t’observer alors que tu parcours ces mots pour tenter de trouver une autre issue afin d’accéder également à mon univers des possibles devant lequel tu viens d’arriver, comme tant d’autres avant toi et qui, pour la plupart, ont rebroussé chemin sans que j’en ai été surpris un seul instant alors que chacune de ces personnes imaginait qu’il était aisé de déchiffrer le codex tandis qu’elles étaient simplement en train de le verrouiller davantage tout en se persuadant que la solution était d’une simplicité déconcertante pour leur intellect supérieur ou leur particularité fondée sur une fausse croyance qu’elles avaient développée afin d’apporter leur pierre à un édifice commun qui les emprisonnait sans que le doute jamais ne les assaille et que l’idée de regarder ailleurs pour choisir une autre issue était inimaginable…
En résumé, une Minerve d’une déconcertante simplicité. Une belle personne avec laquelle évoluer dans un monde commun en regardant dans des directions différentes afin de nous faire découvrir mutuellement de nouveaux horizons et éviter les troupeaux de gens à l’instinct grégaire en vivant de concert nos explorations sexuelles afin de poursuivre l’apprentissage du corps humain dans sa totalité, des voyages pour se perdre à l’autre bout de la rue, dans n’importe quel endroit du pays ou ailleurs dans le monde et des stimulations cérébrales avec des souvenirs provenant de nos ancêtres et de nos vies antérieures.
Un peu court me diras-tu… Ce à quoi je te répondrai qu’en effet, tu as parfaitement raison d’être contrariée et dans la naissance d’une déception, mais il m’arrive parfois de n’être qu’un piètre scripteur lorsque tu te présentes à ma fenêtre pour observer à travers le rideau, le reflet de mon univers.
Si tu te sens l’âme d’une exploratrice, d’une lectrice à la soif inextinguible de découverte, alors, il te revient de prendre le temps de parcourir la suite de cette seconde épreuve au sein de laquelle, je ne suis pas davantage avare de mots et dans l’absence d’une linéarité simplifiée afin de faire preuve de presque toute la complexité possible et être aussi précis dans une mesure humaine que je peux l’être alors que tu es éventuellement complètement différente, voire à l’opposé de ce que j’aurais déjà scripté ici et que tu serais pourtant celle qui se trouve dans l’un des paragraphes situés au-dessus de celui-là, sinon en-dessous.
Tes caractéristiques
Âge : le tien, entre le minimum légal et le maximum qui me convienne
Hauteur : les pieds sur terre et la tête dans les nuages
Poids : sans excès.
Tour de taille : 36
– 38
– 40
– 42 et plus![]()
Pointure : adaptée à tes pieds et à tes chaussures
Style vestimentaire : celui qui te convient
Cerveau de Minerve ou d’Aspergirl : obligatoire
Indépendance d’esprit : obligatoire
Boobs : n’importe quelle taille
Sport : ce qui te convient
Coiffure : cheveux longs sans coloration, rouge flamboyant ou crâne rasé comme Sinéad O’Connor
Alcool : avec une grande modération
Cigarette : la e-cigarette ne me dérange pas
Addictions : les tiennes
Humour : fais-moi rire
Qualités : j’espère bien
Défauts : je les accepte
Tatouages : montre-moi
Piercings : autant que tu veux
Et tout un tas d’autres trucs que j’ai forcément oubliés.
Mes incompatibilités majeures :
L’écriture inclusive érigée en morale exclusive, l’aigreur comme identité, le complotisme, le militantisme sectaire, la misandrie, le moralisme en col blanc, la raisonnabilité sans fièvre, la téléphagie, la superficialité satisfaite, le wokisme de remplacement culturel, le véganisme catéchistique, la teubétologie appliquée et toutes les formes de comédie sociale où l’on confond la posture et l’honnêteté intellectuelle.
Tu n’es pas un exemple à suivre, ni un contre-exemple à fuir, mais simplement là où tu as envie d’être et tu ne recherches rien non plus. Et si l’idée de partager une part de tarte aux pommes accompagnée d’un café préparé à la tasse et au filtre brun sans machine à café te tente, il n’est pas recommandé d’attendre une invitation de ma part car tu vas devoir t’inviter seule, par un premier message.
Si tu viens de te reconnaître dans l’inverse de ce que j’ai commencé à écrire, je viens théoriquement de me tirer une balle dans chaque pied et de tomber du haut d’une falaise après avoir été vilipendé avec une fougue raisonnablement normale propre aux gens faisant partie de cette normalité que je fuis quotidiennement…
Si une résonance s’accroît intensément en toi depuis le début de la première épreuve littéraire, use toutefois de l’évidente précaution de ne pas avoir l’outrecuidance de me contacter en me vendant une différence si elle n’existe pas, car je n’ai jamais été séduit par des personnes qui faisaient semblant d’avoir un univers mental, mais au contraire par des personnes discrètes, parfois un peu timides et d’une déconcertante simplicité empreinte d’une créativité cérébrale naturelle.
L’art d’être soi ne s’apprend pas, il se vit avec ou sans excès, parfois de façon minimaliste, mais il est intrinsèquement présent dans le regard, la manière de s’exprimer, dans la discrétion, dans l’attitude. On me séduit en assumant sa folie, sa différence, mais jamais en jouant un rôle de théâtre de boulevard pour colorier sa vie avec des crayons de couleurs aux mines cassées ou absentes et c’est avec sincérité que je veux être abordé et bousculé cérébralement. (Pas trop près d’une falaise tout de même)
Si tu as une préférence pour un abordage naturellement oxygéné en dehors de tout espace virtuel, aux beaux jours, il n’est pas rare de me croiser sur un banc de la place des Arts de Villefranche-sur-Saône, face au théâtre, absorbé par un livre, heureux de cette conversation silencieuse. Rien ne nous garantit que nous trouverons quelque chose à nous dire et que la déception ne sera pas au rendez-vous, mais si tu aimes les abordages sans écran, c’est la seule solution. Au sujet du langage implicite, je suis souvent à côté de la plaque et je passe plus de temps à essayer d’analyser ce que l’on essaie de me dire qu’à écouter. Pour les blagues, tu pourras toujours essayer, on ne sait jamais, sur un malentendu ça peut marcher et dans le pire des cas, je ferai semblant de rire. Nous pourrons également partir crapahuter sur des chemins de quelque part et n’importe où pour se perdre ailleurs et se raconter des trucs du genre humain dans l’ordre et dans le désordre. Ainsi, tu me raconteras ta vision d’un monde meilleur et moins plus pire et je ferai de même.
En bref, quelque chose de pas stressant pour l’un ou l’autre parce qu’on sera tous les deux juste nature, juste nous. (À cet instant, tu es censée lire le message subliminal précisant que si tu es accro à ton portable et que tu ne peux t’empêcher de répondre durant notre rendez-vous pour parler avec ta copine ou ta mère, je vais t’abandonner sur place. Ça, c’est mon côté nature). Si nous sommes à ce moment dans une barque au milieu du lac, je me chargerai de nous ramener à l’embarcadère aussi promptement que possible afin que tu puisses terminer ta conversation pendant que je ferai semblant d’aller aux toilettes pour t’abandonner sur place pour me rendre ailleurs, où il est une certitude que je ne te croiserai plus.
Et si par le plus hasardeux bonheur, nous avions l’envie commune de tracer, ensemble, des chemins dans des herbes hautes, il se pourrait que, bien plus tard, de temps en temps, je t’écrive des p’tits trucs sur des post-it, des bouts de papier ou sur le miroir de la salle de bain avec des Posca de toutes les couleurs, mais parce que je ne suis pas censé te le dire en raison que cela doit toujours rester une agréable surprise, tu feras comme si tu ne savais pas que j’étais adepte des post-it, des bouts de papier et des Posca et tu feras toujours semblant d’être surprise. Et de temps en temps, on mangera des coquillettes pour se souvenir de notre enfance plus ou moins lointaine et on finira avec une pizza parce que les coquillettes, c’est trop pas pratique à manger et que le temps qu’on finisse notre assiette, ce sera déjà froid que même le chat et les voisins n’en voudront pas même si on se fout des voisins et qu’on aura peut-être même pas de chat.
Si tu me plais follement, tu le sauras assez rapidement car je poserai devant toi, un sachet de Dragibus quand bien même je devrais voler celui d’un enfant passant à proximité en raison que je n’en aurai pas avec moi. Ce sera ma façon de te signifier que je te trouve jolie, cérébralement et physiquement et que tu es en train de pitrougner mon p’tit cœur tout mou.
Note à moi-même : avoir un sachet de Dragibus en ma possession de façon permanente, sinon repérer les enfants qui en possèdent afin de pouvoir voler le leur et te l’offrir si le cas se présente.
Note à toi-même : oublier que je suis capable de voler un sachet de Dragibus à un môme pour te l’offrir.
Et p’têtre que plus tard, après moult rendez-vous, mais pas trop nombreux, nous pourrions avoir le désir de croquer d’la biscotte (tu vois l’genre…) D’la biscotte quoi ! J’vais pas t’faire un dessin… Mais pas au premier et pas non plus au second parce que c’est quand même mieux d’être certain que c’est pas juste une fringale de célibataire.
Et p’têtre également qu’on ne se rencontrera jamais et qu’on en sera soulagé et heureux ou qu’on regrettera de s’être rencontrés à l’instant où l’on se verra parce que la magie sera absente et que notre idéalisme s’écroulera sous nos pieds en une fraction de seconde sous une pluie de bombes atomiques ou de Dragibus de toutes les couleurs lancés par des employés de la maison Haribo en une révolte absurde imaginée dans la tête d’un autiste.
Dans l’improbable hypothèse où tu serais autiste, une Minerve, sinon les deux en même temps, mais résidant sur un continent autre que le mien, ne compte pas sur moi pour te payer un café avec un billet d’avion en supplément. Ce n’est pas que je ne crois pas aux relations longue distance, mais 2 000 kilomètres, même pour moi, ça commence à faire un peu beaucoup. Peut-être que si je n’avais rien d’autre à faire, j’aurais pu l’envisager, mais j’ai un job qui m’occupe plusieurs jours par semaine, du ménage à effectuer de temps en temps, des interrupteurs à actionner matin et soir et d’autres trucs du même genre tout aussi intéressant.
Comme tu as pu le remarquer après avoir parcouru ces quelques lignes paragraphièsques, mon expression est exempte de moulinette à pommes de terre afin de ne pas obtenir un langage bien lisse et sans grumeaux, mais parce que je souhaite que tes croyances et tes certitudes soient respectées, j’accepte inconditionnellement tous les blâmes, griefs, jugements et doléances, récriminations, critiques, réprimandes, reproches que tu pourrais avoir à mon encontre, bien que je ne sois nullement intéressé par le fait de les connaître, car l’avis et la vie des autres n’ont jamais fait partie de mes centres d’intérêts et si ta préférence est orientée vers les présentations de ceux qui annoncent aimer la gentillesse, la rigolade, la paix dans le monde et détester le mensonge, l’hypocrisie et la méchanceté en proclamant des Carpe diem tout en se présentant comme des gentlemen autoproclamés, ne sois pas surprise de rencontrer des mythos, car si l’on est toujours et fréquement victime de soi-même, c’est plus rare de l’être d’une tierce personne. Chacun n’est victime que de sa propension à croire et à ne pas renoncer lorsque c’est nécessaire.
Que tu aies pris du plaisir à ta lecture courtaude ou pas, je partage avec toi, une phrase lue au hasard de mes pérégrinations sur Internet et que j’aime toujours autant, une seconde de ma tante Jeanne et une dernière de mon arrière-grand-père.
« J’en ai eu marre d’être tout le temps partagée entre l’impression de ne pas en faire assez et la sensation d’être seule au milieu de tant de gens qui se foutent de l’état du monde. »
« Le regard des autres existera toujours et le prendre en compte, c’est confier son bonheur à des inconnus. »
« L’art est indispensable parce qu’il est inutile et c’est son intrinsèque inutilité qui le rend tout aussi indispensable au monde. »
Te voilà désormais au terme de ton périple oculaire et si toutefois, après avoir parcouru tout ce qui précédait, tu n’es décidément pas une Minerve ni autiste, je ne suis pas curieux des raisons qui t’ont incitée à tout lire, mais je ne peux que te recommander de te rapprocher des personnes avec lesquelles tu te sentiras cérébralement et intellectuellement proche car jamais nous n’échangerons un seul message.
Entre la franchise et écrire des trucs de mytho, j’ai imaginé, dans un éclair de lucidité, que tu préférerais la franchise…













