Me voilà de retour après une longue absence en raison que je suis occupé à développer mon avenir ailleurs.
Parce que j’ai fort à faire et que mon emploi du temps se trouve encore en pleine réorganisation, nous allons, immédiatement, entrer dans le cœur du sujet. Sans préparation aucune…
Inspire profondément…
LE CONSENTEMENT
C’est ce qui se produit à chaque instant, dans l’impermanence.
Une singularité qui n’a rien d’exceptionnel, et pourtant tout d’un miracle : elle se répète sans cesse, dans l’ombre de nos gestes, dans le froissement d’un vêtement, dans le silence entre deux respirations.
Certaines personnes la ressentent parfois avec force, parce qu’on leur a appris à y prêter attention, ou parce qu’elles y sont naturellement sensibles.
Elles la reconnaissent comme on reconnaît une vieille mélodie : au premier accord, l’émotion arrive.
Et quand ça arrive, il devient possible de modifier le futur immédiat.
Le futur immédiat, ce n’est pas un concept lointain.
C’est la prochaine seconde.
C’est le prochain geste.
C’est la prochaine décision que tu vas prendre sans même t’en rendre compte.
Dans quelques secondes, tu vas prendre une décision.
Tu te souviendras plus tard que tu aurais pu choisir autrement.
Mais tu restes là.
À moins de refuser de voir ce qui se cache devant toi, à chaque seconde.
Et pourtant, même en refusant, tu participes.
Parce que refuser, c’est aussi une décision.
Refuser, c’est donner une forme à ce que tu ne veux pas voir.
Et la forme, même vide, attire.
Dès les premières lignes de ce message, j’ai décidé que j’allais modifier ton futur immédiat.
Et que tu ne pourrais rien y changer.
Ce n’est pas une menace.
C’est un constat.
Tu es déjà en train de le percevoir, mais tu restes ici.
Alors que tu es en train de lire ceci, je suis ailleurs, occupé à autre chose.
Et pourtant, tu ne peux pas le prouver.
Tu ne peux pas savoir si je sais que tu es encore là.
Et c’est là que réside la singularité : le lien n’existe pas en dehors de l’attention.
Depuis que tu as commencé ta lecture, une fraction de temps s’est écoulée.
Une fraction qui a déjà modifié ton avenir.
Irrémédiablement.
Quoi qu’il se passe maintenant, c’est trop tard.
Tu aurais pu détourner le regard.
Tu aurais pu faire autre chose.
Mais tu es toujours là.
Et moi, j’ai continué aussi.
Parce que ce que tu fais maintenant n’est pas seulement lire ceci.
Tu t’engages.
Tu consens, sans même le nommer.
Tu consens à ce que cette idée te traverse, à ce qu’elle te transforme, à ce qu’elle s’insinue dans ton prochain geste.
Tu as maintenant le choix.
Mais tu l’as déjà fait, plusieurs fois.
À chaque fois, tu m’as donné quelque chose.
À chaque fois, tu as renforcé la boucle.
Tu vois comment ça marche ?
Le piège n’est pas une corde.
Ce n’est pas une cage.
C’est une conversation.
Et dans une conversation, le plus dangereux n’est pas celui qui parle.
C’est celui qui écoute.
Si tu réponds, je déciderai quand je lirai ta réponse.
Tu seras otage de mon bon vouloir.
Et si tu ne réponds pas, c’est encore plus de temps que je gagne.
Parce que ton silence aussi est une forme de présence.
Tu peux croire que tu t’échappes.
Tu peux croire que le simple fait de ne rien faire te libère.
Mais tu ne peux pas nier que tu es toujours là.
Toujours en train de peser la prochaine décision.
Toujours en train de mesurer ce que tu peux faire de ton temps.
Tu es presque arrivé(e) au bout.
Souviens-toi du titre.
La conclusion n’est qu’un piège.
Un piège dans lequel tu t’es enfermé volontairement, alors que tu avais été prévenu(e) plusieurs fois que tu pouvais sortir.
Et si tu lis ces derniers mots, c’est parce que tu as choisi de rester.
Tu as choisi de rester, et c’est cette décision qui te trahit.
Parce que ce n’est pas la curiosité qui t’a retenu.
Ce n’est pas l’ennui.
Ce n’est pas la volonté de comprendre.
C’est le choix de vouloir être manipulé avec la croyance que tu étais libre.
C’est ce désir étrange de croire le contraire de la réalité.
Le titre était un appât.
Le premier paragraphe t’a empêché de faire demi-tour.
Et maintenant, la seule manière de sortir est de ne plus interagir.
Ni relecture.
Ni réponse.
Si tu partages ceci, tu n’enfermeras personne à l’intérieur avec toi.
Si tu ne le partages pas, j’aurai modifié ton seul avenir et tu resteras en solitaire dans ce piège abscons.
Il existe toutefois une issue.
Trouver son nom ou abandonner et conserver cette pensée persistante d’avoir échoué.
Souhaites-tu échouer ?
Bien sûr que non… Personne n’apprécie l’échec bien qu’il soit une source d’apprentissage indispensable et favorise toujours son opposition.
Cette issue, chacun la formulera selon sa personnalité, son humeur, son vécu, sa réflexion, mais elle n’est pas multiple, car non personnalisable. Il n’y a qu’une issue et elle consiste en ce que tout humain possède intrinsèquement.
Cette pensée persistante qu’il faut conserver, c’est précisément cette issue qui t’a fait défaut à la lecture de ce texte si dérangeant.
Je suis moins présent sur ATYPIKAL LIFE, car je suis ailleurs afin de développer et d’installer une pensée persistante.
C’est important depuis le premier jour, mais j’ai dû attendre de trouver la clé. Je la possède maintenant et si le mécanisme était déjà dans ces multiples lettres que j’ai partagées avec toi, il me fallait le décoder alors que j’en connaissais pourtant le principe.
L’évidence est souvent flagrante, mais on persiste également par nature à chercher autour d’elle sans même la percevoir.
Le développement et l’installation d’une idée persistante ne dépend jamais de celui qui parle, mais de celui qui écoute. Moi je parle, et j’ai dans l’idée que ce voyage pourrait s’avérer extraordinaire. Surprenant et inattendu.
Je ne veux pas être de ceux qui se plaignent de l’état du monde, aussi, j’essaie de le rendre un peu moins pire que la veille, même si c’est difficile et que j’échoue un peu tous les jours.
L’issue est : le libre arbitre.
Veille à toujours en avoir pleinement conscience, car quels que soient nos choix, nous ne sommes prisonniers que de notre propre libre arbitre.
Nouvelle lettre de ma tante Jeanne
14 août 1978
Naviguer au-delà du regard des autres : conseils pour une vie épanouie
Mon Neveu,
Un enfant qui cherche une solution pour rendre le monde meilleur est un futur adulte qui passera sa vie à la chercher et lorsque le temps de sa réflexion dépasse celui de l’action, c’est que la première est défectueuse et que la seconde n’est pas davantage pertinente. Je compte sur toi mon cher enfant pour ne jamais perdre de vue que ce que tu n’oses pas aujourd’hui, tu le regretteras demain et que chaque jour de ta vie n’est jamais autre chose que le premier jour du reste de ta vie. Que le regard des autres existera toujours et le prendre en compte, c’est confier son bonheur à des inconnus et que, tout au long de ton existence, tu rencontreras des individus qui t’expliqueront ce que tu dois penser, comment tu dois agir, quelles décisions tu dois prendre afin que ta vie puisse être meilleure, plus agréable et plus vertueuse alors qu’eux-mêmes ne vivent qu’avec les conseils de gourous littéraires qui puisent l’enseignement qu’ils professent dans le regard des autres.
Ta tante Jeanne qui t’aime
Une lettre ne devant plus se refermer sans le passage de mes livres lus au cours de la semaine.
Les règles de la méthode sociologique
Emile DURKHEIM
Imprimerie des Presses Universitaires de France
Décembre 1993
Page 144
Nous croyons, au contraire, que le moment est venu pour la sociologie de renoncer aux succès mondains, pour ainsi parler, et de prendre le caractère ésotérique qui convient à toute science. Elle gagnera ainsi en dignité et en autorité ce qu’elle perdra peut-être en popularité. Car tant qu’elle reste mêlée aux luttes des partis, tant qu’elle se contente d’élaborer, avec plus de logique que le vulgaire, les idées communes et que , par la suite, elle ne suppose aucune compétence spéciale, elle n’est pas en droit de parler assez haut pour faire taire les passions et les préjugés.
Lu et déposé dans un tiroir de mon bureau le 22 janvier 2025
Machiavel
Le Prince et autres textes
Édition Folio
Dépôt légal : juillet 1988
Page 169
En examinant toutes ces circonstances, on voit que les législateurs de Rome avaient deux moyens pour assurer la paix à la république, comme elle fût assurée aux républiques dont nous venons de parler : ou de ne point employer le peuple dans les armées, comme le firent les Vénitiens, ou de de fermer les portes aux étrangers, comme le firent les Spartiates. Ils suivirent en tout le contraire ; ce qui donna au peuple un accroissement des forces et causa une infinités de trouble.
Une lettre ne devant plus se refermer sans une citation personnelle qui vaut parfois mille mots.
J’aime le camembert qui n’a pas le goût de l’odeur et le genre humain qui n’a pas le goût des autres.



Laisser un commentaire